L’art du pliage de papier ou « origami » a traversé les siècles se transformant en une expression artistique bien connue aujourd’hui. Enraciné dans les traditions de la Chine et du Japon, ce savoir-faire a évolué devenant bien plus qu’un simple passe-temps. Il a acquis un statut presque spirituel, touchant aussi bien l’élite japonaise jadis que les esprits curieux d’aujourd’hui.
Dans cet article, nous partirons à la découverte de cet art fascinant aux multiples facettes. De l’arrivée du papier en Europe, à son intégration dans l’enseignement occidental, l’origami n’a cessé de s’adapter et d’inspirer. Mais ce sont aussi des histoires profondément humaines qui lui ont donné une dimension universelle. La quête de guérison de Sadako Sasaki a ému le monde entier et fait émerger un symbole de paix.
Aujourd’hui, à la suite de légendes telles que Akira Yoshizawa, des artistes comme Tomoko Fuse, Gérard Ty Sovann ou Juho Könkkölä continuent de repousser les limites de ce qu’il est possible de réaliser avec une simple feuille de papier. Ensemble, nous explorerons comment l’origami a su trouver sa place dans le monde moderne, tout en restant fidèle à ses racines ancestrales. Préparez-vous à déplier l’histoire fascinante de l’origami, où chaque pli raconte une nouvelle histoire.
L’art du pliage de papier
Un art ancestral
Entre le 1er et 2ème siècle, le « zhézhi » naît en Chine peut après l’invention du papier à partir de bois. Ce terme regroupe le pliage de papier et le découpage. Des moines bouddhistes introduisent cette pratique au Japon vers l’an 540. Le terme « origami » allie les mots japonais « oru » (plier) et « kami » (papier). Ils illustrent l’essence même de cet art : l’art des pliages impeccables sans découpe. Du fait de son coût élevé, cet art du pliage s’est d’abord cantonné à l’élite japonaise. Il était utilisé alors comme offrande au cours de cérémonies religieuses.
Cet art met en valeur l’importance des traditions papetières japonaises, notamment le papier washi, réputé pour sa qualité exceptionnelle. Le modèle à réaliser détermine le choix du type de papier. Ceux-ci varient des créations ludiques pour enfants à des œuvres plus éducatives soulignant l’importance de l’observation et la pleine conscience de l’environnement. Depuis plusieurs siècles, les mères japonaises transmettent le pliage de papier à leurs enfants.
L’origami en Europe
Le papier arrive en Europe au 13ème siècle grâce aux Maures. Le pliage de papier remonterait au 15ème siècle en occident. L’origami commence à se développer au 18ème siècle en Europe grâce au pédagogue allemand Friedrich Fröbel. Il a inclus le pliage de carrés de papier colorés parmi les activités offertes dans ses « Kindergarten », ou jardins d’enfants. Fröbel considérait l’origami comme une activité enrichissante, propice au développement de la créativité, à la précision des gestes, à la rigueur et à une meilleure compréhension des matériaux.
C’est véritablement avec la mondialisation au 20ème siècle que l’origami moderne a pris son essor en Occident. L’artiste espagnol Vicente Solórzano Sagredo a contribué à populariser cet art. Il a publié quelques-uns des premiers livres illustrés sur le sujet. Dans les années 1920 et 1930, Joseph Albers, le fondateur de la théorie moderne des couleurs de l’art minimaliste introduit cet art au Bahaus.
L’origami porteur de paix
Senbazuru
« Senbazuru » littéralement traduit par « mille grues », est un concept japonais ancien enraciné dans la tradition de l’origami. Cette pratique, profondément ancrée dans la culture japonaise, symbolise la paix, l’espoir et la longévité. Selon la légende, celui qui parvient à plier mille grues verra son souhait réalisé.
Sadako Sasaki : persévérance et paix
Cette tradition fut popularisée par l’histoire de Sadako Sasaki. Elle a deux ans lorsqu’elle subi en 1945 les radiations de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. Sadako développa plus tard une leucémie. Inspirée par la légende du Senbazuru, elle entreprend de plier mille grues dans l’espoir de guérir. Elle succombe à sa maladie à l’âge de 12 ans. Son histoire de persévérance d’espoir et de paix a captivé le monde entier. Ses camarades de classe firent une collecte et érigèrent une statue en son honneur au Parc du Mémorial de la Paix à Hiroshima. Aujourd’hui, le Senbazuru est un symbole universel de résilience face à l’adversité. Ce symbole continue d’inspirer des actions pacifiques dans le monde entier.



Influence de l’origami dans le monde occidental
Au fur et à mesure que l’origami gagnait en popularité, il s’est rapidement diversifié. Cet art a intégré des influences variées et s’aventurant dans des domaines inattendus. En Occident, les artistes et scientifiques ont adopté cette tradition pour des utilisations allant bien au-delà des plis traditionnels. Certains ont abordé l’origami comme une science mathématique. Ils réalisent des créations extrêmement complexes et contribuent au développement d’algorithmes pour le pliage. Leur utilisation se fait aussi bien dans l’art que dans la technologie aérospatiale et médicale.
Voici quatre figures emblématiques de l’origami. Chacun a contribué de manière significative à l’évolution et à la diversification de cet art.
Robert Lang, le physicien
Robert J. Lang, ancien physicien et origamiste américain, est célèbre pour son approche scientifique de l’origami. En mariant les mathématiques à la tradition artistique, il a développé des modèles complexes et a exploré des applications pratiques de l’origami. Certaines structures basées sur l’origami ont inspiré des conceptions de panneaux solaires déployables et de stents pour la chirurgie cardiaque.



Tomoko Fuse, maître de l’origami modulaire
Tomoko Fuse, origamiste japonaise, est souvent reconnue comme une maîtresse du pliage modulaire. Ses créations, souvent centrées sur des formes géométriques et des boîtes, explorent la structure et l’esthétique avec une précision remarquable. Ses nombreux livres ont popularisé l’origami modulaire et inspiré des artistes du monde entier à expérimenter avec des constructions complexes.



David Brill et ses pliages expressifs
David Brill, un origamiste britannique, est admiré pour ses pliages expressifs et ses sculptures en papier qui captent des formes vivantes avec un dynamisme impressionnant. Ses ouvrages ont joué un rôle crucial dans la popularisation de l’origami au Royaume-Uni. Il a ainsi encouragé une approche artistique et expressive de cet art.


Eric Joisel, l’approche sculpturale de l’origami
Eric Joisel, quant à lui, était un artiste français passionné par l’origami sculptural. Il a créé des personnages détaillés et des scènes fantastiques, transformant le papier en œuvres d’art étonnamment vivantes. Sa maîtrise des techniques de modelage a permis à l’origami de franchir les limites traditionnelles, démontrant son potentiel en tant que médium artistique. Ensemble, ces artistes représentent la diversité de l’origami moderne, chacun y apportant sa propre vision et enrichissant l’art de manière unique.



Mais la figure clé dans cette expansion est Akira Yoshizawa, souvent considéré comme le père de l’origami moderne. Grâce à ses livres et ses expositions, il a inspiré de nombreux passionnés et artistes occidentaux.
Et l’origami devient art
Akira Yoshizawa : le père de l’origami moderne
Né en 1911 dans une famille de fermiers laitiers à Tochigi, Akira Yoshizawa commence à travailler dans une usine de Tokyo à l’âge de treize ans. Il se consacre à l’étude du dessin technique en soirée, en utilisant l’origami comme moyen d’illustrer des problèmes géométriques. En 1937, il décide de quitter l’usine pour se concentrer exclusivement sur l’origami.
Son approche innovante est reconnue en 1944 dans le livre « Origami Shuko » d’Isao Honda. Sa carrière prend son envol en 1951 grâce à un article dans le magazine Asahi Graph. En 1954, il publie sa première monographie intitulée « Atarashi Origami Geijutsu ». Par cette publication il introduit le système de notation Yoshizawa–Randlett. Ce système, désormais standard pour les origamistes, codifie le processus de création d’un pliage via des symboles et diagrammes.
Yoshizawa établit le Centre international d’Origami à Tokyo et prend part à de nombreuses expositions internationales, se positionnant comme un ambassadeur culturel du Japon. En 1983, l’empereur Hirohito le récompense de l’Ordre du Soleil Levant. En 1998, il expose ses œuvres au Carrousel du Louvre lors de l’exposition Paris-Origami. Yoshizawa s’éteint le 14 mars 2005, le jour de ses 94 ans, des suites d’une pneumonie.




Akira Yoshizawa a créé plus de 50 000 modèles. L’artiste a innové avec des techniques telles que le pliage humide, donnant un aspect sculptural aux œuvres. Ses efforts ont permis la reconnaissance de l’origami comme une forme d’art à part entière.
Gérard Ty Sovann : son origami célèbre la nature
Gérard Ty Sovann, originaire du Cambodge, est un maître dans cet art ancestral. Arrivé en France à l’âge de 10 ans, Gérard a été initié à l’origami par sa grand-mère. Gérard est inlassablement à la recherche de la perfection, transformant le papier en créatures de papier miniatures ou monumentales. Aujourd’hui artiste reconnu, il expose ses œuvres aux quatre coins du monde. Cet artiste de talent expose désormais à l’international. Installé en Île-de-France, il plie des carrés de papier dont les tailles varient de l’extrêmement petit, avec seulement 3 mm, jusqu’à 25 mètres de côté.





Passionné par la nature et engagé pour la défense de l’environnement, Gérard exprime ces préoccupations à travers ses sculptures remarquables. Chaque création est réalisée à partir d’une unique feuille de papier carré, sans aucun ajout de colle ou de découpe, à l’aide de centaines de plis savamment combinés pour rendre hommage à la nature. Son nom figure dans le Guinness des records grâce à sa spectaculaire création intitulée « Jardin d’Eden », composée de 1 500 animaux miniatures représentant la faune terrestre et marine.
Kiyoharu Uchiumi : origami et histoire
L’artiste contemporain Kiyoharu Uchiumi a travaillé sur une exposition unique. La mise en scène du « Heike monogatari », un célèbre récit racontant la lutte entre deux clans du Japon médiéval. Kiyoharu Uchiumi a créé 250 sculptures en papier japonais, chacune mesurant environ quarante centimètres de haut, pour reconstituer les épisodes marquants de cette épopée relatant la grandeur et la chute du clan Heike au 12ème siècle.
La technique de pliage utilisée par Uchiumi repose sur l’art de l’origami et des mises en volume délicates. Il exploite la souplesse et la blancheur du papier japonais. L’artiste choisit une palette de couleurs sobre et naturelle, n’utilisant que rarement des touches de vert issues de l’oxydation du cuivre. Ces choix artistiques confèrent à ses œuvres une élégance et une profondeur philosophique singulières.
L’exposition est organisée en douze scènes distinctes, telles que « La grandeur du clan Heike », « L’incendie de Nara », et « Les batailles d’Ichi no Tani, Yashima et Dan no Ura ». La mise en scène théâtrale rappelle les anciens rouleaux peints japonais, offrant aux visiteurs une expérience immersive et ludique. Grâce à la finesse de son exécution et à sa vision artistique originale, Uchiumi parvient à capter l’essence tragique et impérissable du « Heike monogatari ». Ainsi cette exposition devient un événement incontournable pour quiconque s’intéresse à l’art, l’histoire et la philosophie japonaises.
Juho Könkkölä : l’origami des légendes
À 23 ans, Juho Könkkölä matérialise ses idées par l’art de l’origami. Avec plus de 15 ans d’expérience, il se spécialise dans la création de personnages humains expressifs. Ses œuvres sont inspirées par l’histoire, les contes folkloriques, les mythologies, ainsi que la littérature, le cinéma, les jeux vidéo et ses propres observations du quotidien. Chaque pièce est créée à partir d’une seule feuille carrée, sans aucune découpe.


En 2022, il réalise l’origami le plus complexe à ce jour : à partir d’une feuille unique de papier de riz Wenzhou de 95 cm de côté, il façonne deux combattants de duel. En 2023 il entreprend de créer un viking armé d’une incroyable précision encore plus complexe, toujours à partir d’une même feuille. Pour concevoir son viking, Juho a exploré l’univers nordique par le biais de films, livres et expositions muséales. Il a rendu le papier plus flexible avant de le plier pour donner vie à son personnage, ajoutant des détails fins comme l’épée, le bouclier et l’armure.
Ce projet, représente environ 209 heures de travail et plus de 10 000 plis. L’artiste a partagé son processus méticuleux de pliage dans une vidéo en timelapse. Bien qu’il étonne déjà par la qualité de ses œuvres, Juho Könkkölä continue de repousser les limites du réalisme et de la complexité avec chaque nouvelle création.
Origami et papier dans l’art contemporain
Mademoiselle Maurice : origami, urbanisme et écologie
Mademoiselle Maurice, née Marie Saudin en 1984 est une artiste française originaire de Haute-Savoie. Elle s’est fait un nom dans le domaine du street art avec ses œuvres en origami fabriquées à partir de papier recyclé. Sa démarche artistique singulière est marquée par son engagement écologique et social.
Alors qu’elle vivait à Tokyo, elle est directement touchée par l’accident nucléaire de Fukushima survenu le 11 mars 2011, suite à un tremblement de terre et un tsunami. Cet événement marquant l’a profondément inspirée et l’a menée à explorer des moyens d’exprimer artistiquement un message de résilience et d’espoir. Elle s’est notamment inspirée de l’histoire émouvante de Sadako Sasaki.





À travers ses œuvres, Mademoiselle Maurice vise à insuffler de la couleur et de la joie dans les environnements urbains, souvent ternes. Son art l’a conduite à exposer à l’international, tout en collaborant avec des communautés locales pour créer des œuvres participatives. Une de ses réalisations récentes « Cycles lunaires » , implique les habitants du 13ème arrondissement de Paris dans le processus créatif. Mademoiselle Maurice continue de transformer les paysages urbains à travers le monde avec ses installations poétiques et engagées.
Claudine Drai : art du pliage et fusion des sens
Née en 1951 à Paris, Claudine Drai est une artiste française qui se distingue par son approche novatrice de l’art du pliage, utilisant principalement le papier de soie et le papier japonais. À travers ses œuvres tridimensionnelles, elle explore les thèmes de la présence et de l’absence, jouant habilement avec la lumière et l’ombre pour créer des univers visuels délicats et éthérés. Son travail est dominé par des tons blancs qui accentuent la subtilité et la profondeur émotionnelle de ses créations.
L’approche artistique de Drai transcende le visuel pour inclure d’autres dimensions sensorielles, notamment l’odorat. En 2018, elle a collaboré avec la célèbre maison de parfumerie Guerlain pour marquer le 190ème anniversaire de l’entreprise. Ce partenariat a donné naissance à l’exposition « L’âme du temps » et au parfum « L’Heure Blanche », lancé en édition limitée. Cette interaction entre art visuel et olfactif reflète la démarche interdisciplinaire de Drai.
En 2022 le réalisateur de cinéma Wim Wenders s’est inspiré de l’œuvre de Claudine Drai pour réaliser un film artistique en 3D intitulée « Présence ». Cette oeuvre explore la genèse de l’art à travers une narration visuelle évocatrice, mettant en lumière la manière unique dont Drai manipule le papier pour créer ses œuvres suggestives.
Les créations de Claudine Drai font partie de collections prestigieuses à l’échelle mondiale et ont été présentées dans des institutions renommées telles que le Centre Pompidou à Paris et la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence. Ses collaborations et ses réalisations témoignent de sa capacité à repousser les frontières artistiques et à offrir une expérience sensorielle et intellectuelle riche à son public.
Tokujin Yoshioka : le design dans l’art du papier
Tokujin Yoshioka, né en 1967, est un influenceur majeur du design moderne grâce à des créations qui marient poésie et ingéniosité. Diplômé de la Kuwasawa Design School de Tokyo en 1986, il perfectionne son art auprès de Shiro Kuramata et Issey Miyake, dont il hérite le goût pour mêler tradition artisanale et technologies avant-gardistes.


Un exemple éclatant de son approche est le fauteuil « Honey Pop », lancé en 2002. Ce siège, réalisé en papier et édité par Dai Doliadé, illustre les possibilités insoupçonnées de ce matériau. D’une épaisseur de moins de 1 cm lorsqu’il est refermé, sa structure repose sur un pliage en nid d’abeille, lui conférant solidité et esthétique distincte. Le fauteuil arrive à plat et se déploie comme un livre, sa forme s’adaptant aux besoins de l’utilisateur. Humidifier et aplatir la surface permet de le verrouiller en position ouverte, intégrant l’usure comme partie de son charme évoluant dans le temps.
Du pli au volume : l’origami inspire la sculpture contemporaine
Au cours des siècles, l’origami a transcendé sa fonction initiale pour devenir bien plus qu’un simple loisir ou une tradition. Cet art du pliage de papier est aujourd’hui un langage universel où se mêlent créativité, ingéniosité et élévation spirituelle. Élevé au rang d’art à part entière l’origami continue d’inspirer et d’innover.
Cet essor international a engendré des explorations pratiques surprenantes, allant du design architectural aux applications médicales, démontrant la pertinence éternelle de cet art ancien dans un monde moderne en perpétuel mouvement. À travers des projets variés comme ceux de Tokujin Yoshioka et Juho Könkkölä, cet art devient un pont entre les cultures, fusionnant la tradition artisanale avec les techniques contemporaines pour offrir une nouvelle dimension à nos perceptions.
Ainsi, l’origami n’est plus seulement une discipline de pliage. Incarnant une philosophie où chaque pli raconte une histoire, chaque modèle devient ambassadeur d’un message de paix et de résilience. L’histoire de Sadako Sasaki illustre cela de manière poignante. Elle rappelle comment un simple morceau de papier peut transformer des vies et transmettre un héritage culturel puissant.
Un art en pleine évolution
L’intérêt croissant pour cet art témoigne de sa capacité à évoluer tout en restant fidèle à ses racines ancestrales. En tant qu’outil de réflexion, de créativité et d’innovation, l’origami occupe une place unique dans le paysage artistique et éducatif mondial. Il incite chacun à voir le potentiel infiniment riche de matériaux simples et à imaginer les possibilités illimitées qu’ils offrent.
Certains artistes contemporains s’approprient les principes de l’origami pour réinventer leurs pratiques sculpturales. En transposant les méthodes de l’art de l’origami à d’autres matériaux – bois, métal, pierre – ils peuvent explorer la transformation de la matière avec une nouvelle perspective, celle où la maîtrise du geste allie créativité et technicité. La légèreté apparente d’une feuille de papier pliée nous rappelle que la force d’une œuvre réside parfois dans sa capacité à susciter l’émotion par des moyens profondément réfléchis et maîtrisés.